Vivre ses émotions en accord avec soi et en lien avec l’autre

Connaissance de soi
07 nov. 2017
Gabrielle Isis


Vivre ses émotions en accord avec soi et en lien avec l’autre

Dans nos sociétés occidentales, nous avons été éduqués avec l’idée que les émotions doivent être gardées pour soi, montrer ses émotions aux autres que ce soit en famille ou en public est vu comme déplacé.

Pourtant, dans cette même société, ce sont les émotions qui nous touchent et nous font vibrer dans les arts comme la musique, le cinéma, le théâtre ou la littérature par exemple. Quand elles sont exprimées artistiquement, elles deviennent acceptables. Et si on s’autorisait enfin à vivre pleinement nos émotions au quotidien aussi bien intérieurement qu’extérieurement ?


La répression émotionnelle : un schéma transmis dans l’enfance.
Un enfant entre l’âge de 0 et 6 ans ne vit qu'à un niveau émotionnel, car son esprit rationnel n’est pas encore formé. En cela, les enfants sont de véritables éponges émotionnelles, et comme ils n’ont pas encore la capacité de donner du sens à ce qu’ils vivent, ils sont souvent complètement déboussolés de voir une réaction négative de la part de leurs parents. Généralement quand nous étions enfants, nos parents nous ont fait savoir que les émotions qu’on exprimait n’étaient pas la bienvenue.

Ceci est vrai surtout pour les émotions dites « négatives » comme la tristesse ou la colère par exemple, mais cela peut être vrai aussi pour des émotions dites « positives » comme par exemple montrer trop d’enthousiasme.

L’émotion de l’enfant n’est pas accueillie, le parent envoie un signal (souvent inconscient) à l’enfant qu’il ne sera accepté que s’il réprime cette émotion qui dérange le parent. L’enfant reçoit le signal, réprime l’émotion qui sera stockée dans son inconscient, en comprenant que sa seule façon de recevoir de l’amour de ce parent, c’est de ne pas exprimer ou vivre son émotion. Voilà le schéma transgénérationnel dont nous avons hérité, et qui, à l’âge adulte nous causera bien des soucis, car qui dit répression dit blocage. Je vois tous les jours dans mon travail d’hypnothérapeute, à quel point les émotions refoulées dans l’inconscient sont la cause principale de tous nos maux physiques, de nos schémas négatifs, de notre mal-être et de nos addictions.


Apprendre à se reconnecter avec nos émotions.
Quand on a réprimé ses émotions pendant toute une vie, il est parfois difficile d’arriver à se reconnecter à elles. D’autant que certaines sont profondément enfouies dans notre inconscient. Souvent c’est notre corps qui nous envoie le signal qu’une ou plusieurs émotions sont restées trop longtemps bloquées. On développe une maladie aigüe ou chronique, ou on tombe carrément en dépression. C’est la manière que le corps a de nous mettre en face de ce qu’il y a guérir en nous sans continuer à le fuir. L’émotion est une énergie et si elle ne circule pas, comme les rouages d’un mécanisme, elle se bloque.

La première chose que nous avons à faire c’est d’accueillir nos émotions, comme on accueillerait un ami qui nous veut du bien. Il est important de prendre un temps pour respirer à travers cette émotion et être présent à elle, sans juger et sans penser que cette émotion ne devrait pas être là. Certaines émotions sont plus difficiles à vivre que d’autres, dans ce cas on essaye de ne pas chercher à les modifier car dans tous les cas il n’y a pas besoin d’aimer ces émotions. Simplement d’avoir de la compassion pour celui qui les ressent, en l’occurrence nous-même !


Exprimer ses émotions aux autres.
Une fois qu’on a fait ce travail introspectif de reconnexion à nos émotions, même celles qui sont enfouies, qu’on s’autorise à les ressentir et à les vivre pleinement, alors on peut envisager d’exprimer ces émotions à notre entourage. Je rêve d’une société où chacun serait libre d’exprimer ces émotions librement et dans le respect de chacun. Une société où il n’y aurait pas de gêne par rapport aux émotions et où on ne se sentirait pas stigmatisé par rapport au fait de les montrer.

On peut déjà commencer par les personnes qui sont les plus proche de nous, on peut exprimer ses émotions en commençant nos phrases par : « Je sens que… » ; « Je me sens comme… », « Je ressens que… ». Ou tout simplement : « Je suis triste », « je suis en colère »… Comme nous avons été formaté à retenir nos émotions surtout celles qui dérangent, nous avons la croyance qu’en exprimant une émotion on va la déverser sur notre interlocuteur et que cette personne se fermera à nous en conséquence. Combien de fois n’a-t-on pas entendu « mais elle/il fait son cinéma à pleurer sans raison » ou ce genre de phrase assassine ? Il est important d’aller au-delà de cette croyance et d’ouvrir notre cœur, alors celui de la personne en face s’ouvrira peut-être aussi.

Il ne s’agit pas non plus de déverser sa colère sur quelqu’un, ou de l’assommer avec notre chagrin. Mais très vite on se rend compte, que tout ce dont nous avons besoin (et dont nous avons pour la plupart cruellement manqué pendant notre enfance) c’est simplement une présence bienveillante et une écoute de la part de notre interlocuteur.


Les émotions sont notre boussole intérieure.
Les personnes qui sont totalement déconnectées de leurs émotions, qui ont honte de leurs émotions ou qui les refoulent sont en général assez perdues dans leur vie. En effet, comment savoir ce que l’on veut, ce que l’on aime, vers où on veut aller, ce que l’on veut faire dans la vie si on n’arrive pas à ressentir ce qui nous procure de la joie ou ce qui au contraire n’est pas juste pour nous ? En présence de quelles personnes on se sent bien ou pas bien ? En cela, les émotions sont notre boussole intérieure, je dirais même c’est la voix de notre âme et de notre enfant intérieur qui nous éclaire le chemin.

Est-ce qu’on se sent très frustrés dans notre vie ? Est-ce qu’on sent qu’on n’est pas à sa place ? Est-ce qu’on est malheureux là où on en est dans sa vie ? Parfait ! Voilà un signal de notre âme qui nous dit : « Ceci n’est pas le bon chemin pour toi, trouves-en un autre ». Jusqu’au jour où on ressent ce petit pétillement intérieur qui parce qu’on a trouvé ce qui nous fait vibrer, grandit et finit par devenir une grande joie, car on a trouvé sa voie/voix.

Sat Nam


Gabrielle Isis

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